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| LA CAMBRE |
| École nationale supÉrieure des arts visuels |
Histoire de l'école
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AUX ORIGINES De la fondation de l'école par Henry van de Velde, à aujourd'hui : 80 ans d'une belle aventure humaine et artistique ... |
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Lorsque Henry van de Velde (1863-1957) crée l’école de La Cambre – à
l’époque Institut supérieur des arts décoratifs – il a déjà plus de 60
ans. Sa carrière internationale d’artiste décorateur et d’architecte ne
lui a pas permis jusque-là de réaliser le «laboratoire» pédagogique
dont il rêve depuis son arrivée à Weimar en 1902 et la création en 1908
de "l'Ecole des arts décoratifs du grand duché de Saxe-Weimar" : un
institut modeste et éphémère – van de Velde est contraint à la
fermeture en 1915 – qui préfigurera cependant le premier Bauhaus fondé
par Gropius en 1919.
Déjà en 1912, alors qu’il est encore en Allemagne, van de Velde entreprend un certain nombre de démarches pour créer à Bruxelles un institut comparable à celui de Weimar. Quatorze ans plus tard, le ministre des Sciences et des Arts Camille Huysmans donnera jour à ce projet, en novembre 1926, malgré la résistance et l’opposition violente du monde des Académies. L’école est installée en contrebas de l’avenue Louise, dans le site exceptionnel de l’abbaye cistercienne de La Cambre. Van de Velde réunit pour la première fois le corps professoral de l’école en mai 1927: les professeurs, tous issus de l’avant-garde belge, sont désignés pour 3 ans. L’école compte 80 étudiants à la rentrée de septembre. Elle sort ses premiers diplômés en «théorie et pratique du théâtre», «dessin technique», «ornementation appliquée aux métiers et industries d’art» et «arts du tissu» en 1929, ses premiers architectes en 1930. La production de La Cambre est montrée au grand jour en 1931 lors de la première exposition des travaux d’étudiants organisée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Van de Velde quitte la direction de La Cambre en 1936. Lui succèderont le poète et dramaturge Herman Teirlinck (1936-1950), l’architecte Léon Stynen (1950-1964), l’historien d’art Robert-Louis Delevoy (1965-1979), l’écrivain Joseph Noiret (1980-1992), l’historienne d’art France Borel (1992-2002) et, aujourd’hui, l’architecte urbaniste Caroline Mierop (2003). Plusieurs générations d’artistes, professeurs et étudiants, ont successivement construit la réputation et l’identité de l’école : on peut citer Victor Bourgeois (architecture), Huib Hoste (architecture), Oscar Jespers (sculpture), Joris Minne (illustration), Akarova (danse), Elisabeth De Saedeleer (tissage), de l’époque des pionniers, mais aussi Lucien de Roeck (typographie), Paul Delvaux (peinture), Serge Creuz (scénographie), Jo Delahaut (peinture), Pierre Alechinsky (peinture) et d’autres membres du groupe Cobra, Tapta (création textile), Pierre Caille (céramique), Michel Folon (dessin), Lucien Kroll (architecture), François Hers (photographie) et, plus récemment, Ann Veronica Janssens (sculpture) ou le styliste Olivier Theyskens ou le designer Elric Petit (Big Game), entre autres. Depuis 1980, La Cambre ne forme plus d’architectes. Une «autre» Cambre, installée place Flagey, à quelques encablures de l’abbaye, les regroupe désormais sous le nom d’Institut supérieur d’architecture de la Communauté française. De nombreux autres départements, d’autres «options artistiques» ont à l’inverse vu le jour au cours des décennies. Les disciplines héritières des «beaux-arts», peinture, sculpture, ont rapidement trouvé droit de cité dans l’école. La photographie y a fait son entrée en 1946, le design industriel en 1954 – La Cambre est à l’époque la première école de Belgique à enseigner cette discipline. Plus récemment, on peut citer la création des options «espace urbain», «stylisme et création de mode» ou, plus inattendue dans une école d’art, «conservation-restauration des œuvres d’art» – une option ouverte en 1981. Mais au-delà des noms, au-delà des disciplines, au-delà de l’esprit du temps – car La Cambre aura été, dès l’origine, le reflet des grands courants de pensée et de création de son époque – c’est une attitude, un mode de fonctionnement qui caractérisent l’école : le grand brassage, le grand remue-ménage, la vigueur des convictions, la rigueur de la pensée, l’exigence de cohérence, la dimension du rêve et … tous les avatars de l’imaginaire ! (d’après R-L. Delevoy, 1978). |